Par Thierry | Publié le 15 août 2026
Ce qu’il faut retenir
- La Victrola Soundstage (référence VPS-2100) est une enceinte amplifiée format “soundbase” conçue pour se glisser sous une platine vinyle : 42,9 × 38,4 × 8,95 cm pour 4,2 kg, finitions noyer ou noir. Présentée au CES 2026 et déjà en vente aux États-Unis, elle arrive en Europe le 1er octobre 2026 à 329 € TTC (299 £ au Royaume-Uni), chez Fnac, Boulanger, Carrefour et MediaMarkt notamment.
- Architecture pensée contre la vibration : un Symmetric Drive Woofer (SDW) à double membrane orientée vers le bas, deux sous-woofers opposés qui annulent mutuellement leurs forces, évents bass-reflex arrière, et deux Balanced Mode Radiators (BMR) frontaux pour le médium-aigu. Réponse annoncée 50 Hz à 20 kHz.
- Connectique : entrée RCA (niveau ligne, gain ajustable ±6 dB), optique TOSLINK, USB-C (audio PC ou clé MP3/WAV), Bluetooth 6.0 avec Auracast en émission et en réception, et une sortie subwoofer. Attention : pas de préampli phono intégré, la platine doit en posséder un (ou passer par un boîtier externe).
Victrola Soundstage : quand l’enceinte devient le socle de la platine
Fondée en 1906, Victrola est le plus ancien nom du disque en Amérique. La marque a longtemps vécu de valises nostalgiques et de meubles tout-en-un, avant de remonter en gamme ces dernières années avec les platines Stream (compatibles Sonos), Wave (Auracast) et Automatic. Le Soundstage prolonge cette logique : un seul boîtier, posé sous la platine, qui remplace ampli et enceintes. La marque parle elle-même d’un “retour aux sources”, celles des consoles intégrées qui ont fait sa réputation.
Le principe de la soundbase n’est pas nouveau : Andover Audio l’a popularisé avec ses SpinBase, et les téléviseurs l’ont connu il y a une dizaine d’années. Ce que Victrola apporte, c’est une déclinaison à prix serré, une connectique très moderne (optique, USB-C, Bluetooth 6.0, Auracast) et un travail spécifique sur l’isolation mécanique. Pour un lecteur de dacaudiousb.com habitué aux chaînes en éléments séparés, la question est simple : peut-on poser une platine sur une enceinte sans provoquer de larsen ? C’est exactement le problème que Victrola prétend avoir résolu, et cela vaut le détour au même titre que nos guides sur les DAC audio USB pour comprendre comment le numérique et l’analogique cohabitent dans un système compact.
Concrètement, le Soundstage est un rectangle plat de 42,9 cm de large sur 38,4 cm de profondeur et 8,95 cm de haut, soit peu ou prou l’empreinte d’une platine standard. La platine se pose dessus, un câble RCA (fourni) relie les deux, et l’ensemble tient sur une étagère ou un buffet sans rien d’autre à brancher qu’une prise secteur.
Le SDW, un woofer à double membrane qui s’annule lui-même
Le cœur du système, c’est le Symmetric Drive Woofer, ou SDW. Victrola décrit deux sous-woofers montés en opposition, orientés vers le bas, dont les forces de réaction se compensent mutuellement. Le grave est produit par le mouvement d’air, mais les vibrations mécaniques transmises au coffret, et donc à la platine posée dessus, sont théoriquement neutralisées. Les évents bass-reflex sont placés à l’arrière pour éloigner les basses fréquences de la cellule, et la marque recommande de laisser au moins 8 cm entre le mur et le dos de l’appareil.
💡 Pour comprendre : le principe des woofers en opposition (force cancelling)
Quand une membrane de haut-parleur avance, elle pousse l’air devant elle, mais elle pousse aussi le coffret dans la direction opposée : c’est la troisième loi de Newton. Sur une enceinte classique, cette réaction fait vibrer le caisson, et tout ce qui repose dessus. Si l’on place deux woofers identiques dos à dos ou côte à côte en opposition de phase mécanique, leurs deux réactions sont de sens contraire et s’annulent, alors que la pression acoustique, elle, s’additionne. C’est une technique bien connue des caissons de grave haut de gamme (KEF, Genelec, certains B&W) que Victrola descend ici à 329 €. Le résultat n’est jamais parfait, mais il réduit drastiquement l’énergie mécanique qui remonte jusqu’au diamant de la cellule.
Selon Scott Hagen, PDG de Victrola, le Soundstage “offre à une nouvelle génération d’amateurs de vinyle un son qui remplit la pièce, sans la taille ni la complexité d’un système hi-fi traditionnel”.
Victrola ne communique ni la puissance d’amplification ni le diamètre des transducteurs, seulement une consommation de 30 W en fonctionnement, une impédance interne “8 Ω × 2 + 4 Ω” (deux voies BMR à 8 Ω et le grave à 4 Ω) et une réponse en fréquence de 50 Hz à 20 kHz. Ce sont des chiffres modestes sur le papier, cohérents avec un usage salon ou bureau, pas avec une grande pièce d’écoute.
Deux BMR frontaux pour le médium-aigu
Le reste du spectre est confié à deux Balanced Mode Radiators, un par canal, montés en façade derrière la grille. Victrola annonce un filtrage à fréquence de coupure basse : le SDW gère l’essentiel de l’énergie du grave, les BMR se concentrent sur le médium et l’aigu projetés vers l’auditeur, ce qui préserve l’intelligibilité et l’image stéréo malgré la faible largeur du coffret.
💡 Pour comprendre : qu’est-ce qu’un Balanced Mode Radiator ?
Un haut-parleur classique fonctionne en piston : la membrane avance et recule d’un bloc. Un BMR, technologie développée à l’origine par NXT puis Cambridge Audio, ajoute au mode piston des modes de flexion contrôlés de la membrane plate. En bas du spectre, il se comporte comme un cône traditionnel ; plus haut, la membrane vibre selon des motifs calculés qui rayonnent le son de manière quasi omnidirectionnelle. L’intérêt est double : un seul transducteur couvre une bande très large (ce qui évite un tweeter et un filtre supplémentaire) et la dispersion reste homogène, si bien que le rendu change peu quand on se déplace dans la pièce. C’est précisément ce qu’on attend d’une enceinte posée à hauteur de meuble et écoutée depuis le canapé.
Un coffret conçu comme un tout
Victrola insiste sur le fait que coffret, position des drivers et système d’amortissement ont été dessinés ensemble, et non assemblés après coup. Le manuel précise d’ailleurs que le RCA est auto-détectant (la platine réveille l’enceinte quand la lecture démarre) et propose un réglage de gain d’entrée en cinq crans (de -6 à +6 dB par pas de 3 dB) pour aligner le niveau de la platine sur les autres sources, avec un avertissement explicite : trop de gain augmente le risque de larsen mécanique. Un mode Eco coupe l’appareil après vingt minutes sans signal.

La finition noyer de la Victrola Soundstage avec sa télécommande fournie, associée à une platine Victrola au placage identique.
Connectique complète, mais sans préampli phono
Là où le Soundstage se distingue des soundbases concurrentes, c’est sur le panneau arrière. On y trouve une entrée RCA au niveau ligne, une entrée optique TOSLINK (pensée pour un téléviseur ou une console, avec une touche “TV” dédiée sur la télécommande), un port USB-C qui accepte aussi bien un ordinateur en source audio qu’une clé USB FAT32 jusqu’à 64 Go pour lire des MP3 et WAV, et une sortie subwoofer pour ajouter un caisson externe. Un filtre passe-haut activable (“Bass Filter”) soulage alors le SDW et laisse le grave au caisson.
Il n’y a en revanche pas de prise mini-jack 3,5 mm sur l’appareil, contrairement à ce que laissent entendre certains résumés de la fiche technique : pour un baladeur ou un ordinateur portable en analogique, il faut passer par un câble 3,5 mm vers RCA. Et surtout, aucun préampli phono n’est intégré. La platine posée dessus doit disposer de son propre étage phono commutable, ce qui est le cas de la quasi-totalité des platines Victrola et de la plupart des modèles Audio-Technica, Sony ou Pro-Ject d’entrée de gamme, ou bien il faudra intercaler un préampli phono externe. Un point à vérifier avant l’achat, car il conditionne toute la promesse “un seul boîtier”.
💡 Pour comprendre : Auracast, le Bluetooth qui diffuse à plusieurs enceintes
Auracast est une extension du Bluetooth LE Audio (à partir du Bluetooth 5.2) qui permet à un appareil de diffuser un flux audio en “broadcast” vers un nombre illimité de récepteurs compatibles, sans appairage individuel, un peu comme une station de radio locale. Le Soundstage peut faire les deux : recevoir la diffusion d’une platine Victrola Wave ou Automatic, ou bien émettre lui-même n’importe quelle source branchée (RCA, optique, USB-C, Bluetooth classique) vers d’autres produits Victrola comme les Tempo. On peut donc lire un vinyle au salon et l’entendre en même temps dans la cuisine ou le bureau, sans Wi-Fi ni application. Attention toutefois : Victrola précise que la réception n’est garantie qu’avec des diffusions issues d’autres produits Victrola.
Bluetooth 6.0 et télécommande
La liaison sans fil classique passe par du Bluetooth 6.0 avec les profils A2DP 1.4 et AVRCP 1.6.3. Victrola ne détaille pas les codecs pris en charge au-delà du SBC obligatoire ; on n’attendra donc pas d’aptX HD ou de LDAC à ce prix. La télécommande infrarouge (deux piles AAA fournies) donne accès aux sources, au volume, au grave et à l’aigu sur sept crans chacun (-3 à +3), ainsi qu’à la luminosité de l’afficheur.
Prix, disponibilité et écosystème Victrola
Aux États-Unis, le Soundstage est en vente depuis cet été. Le communiqué européen mentionne 349 $, mais la boutique officielle l’affiche aujourd’hui à 329,99 $, avec une remise de 100 $ en bundle avec la platine Wave. En Europe, le lancement est fixé au 1er octobre 2026, à 329 € TTC et 299 £, dans les deux finitions noyer et noir. Côté distribution française, Victrola cite Fnac, Boulanger, Carrefour et MediaMarkt ; en Belgique et en Suisse, MediaMarkt reprend le relais.
Le produit est pensé pour s’accorder visuellement aux platines Victrola Wave (Bluetooth et Auracast, autour de 449 à 499 $ aux États-Unis), Automatic et Stream, avec les mêmes teintes de placage. Il fonctionne bien sûr avec n’importe quelle platine équipée d’un préampli phono ou d’un préampli externe, à condition qu’elle tienne dans l’empreinte de 43 × 38 cm.
Positionnement et concurrence
Le concurrent frontal est évidemment l’Andover Audio SpinBase (autour de 350 € en France, préampli phono intégré et Bluetooth) et son grand frère SpinBase MAX, nettement plus cher. À budget comparable, l’alternative “classique” reste une paire d’enceintes actives compactes comme les Edifier R1280DBs (environ 150 €) ou les Klipsch The Fives (plus de 600 €), à poser cette fois de part et d’autre de la platine, avec le risque de vibrations que le Soundstage cherche justement à éviter.
La différence tient en trois points : le Soundstage est le seul de sa catégorie à proposer l’optique, une sortie caisson et Auracast, mais il est aussi le seul à ne pas embarquer de préampli phono. Victrola parie sur le fait que sa clientèle possède déjà une platine à préampli intégré.
Pour qui cherche à comprendre comment ces enceintes tout-en-un convertissent le signal Bluetooth ou optique en analogique avant amplification, notre dossier sur les enceintes actives à DAC intégré pose les bases. Et si vous voulez comparer avec les solutions déjà en rayon, vous pouvez parcourir notre sélection d’enceintes pour platine vinyle Bluetooth disponibles sur Amazon.
Une soundbase honnête sur ses limites
Avec 50 Hz en bas du spectre et 30 W consommés, le Soundstage ne remplacera pas une paire de colonnes. Il vise l’appartement, la chambre, le bureau : des espaces où une chaîne complète n’a ni la place ni le sens. Sur ce terrain, la combinaison isolation mécanique + connectique moderne + tarif sous 350 € est convaincante, à condition d’avoir la bonne platine en face. Si la vôtre n’a pas de préampli, mieux vaut prévoir un boîtier phono externe : voir les préamplis phono MM du moment sur Amazon.
Reste à l’écouter en conditions réelles avec une platine un peu lourde et un volume soutenu, pour vérifier que le double woofer tient sa promesse. Je m’y attèle dès qu’un exemplaire européen passe entre mes mains ; d’ici là, si vous avez déjà pu essayer un Soundstage aux États-Unis, vos retours en commentaire sont les bienvenus, sinon je suis là pour répondre à vos questions.
La fiche technique complète, le manuel et le programme de mise à jour du firmware sont consultables sur le site Victrola.
Thierry

FAQ – Victrola Soundstage
Qu’est-ce que la Victrola Soundstage ?
La Victrola Soundstage (référence VPS-2100) est une enceinte amplifiée au format soundbase, conçue pour être placée directement sous une platine vinyle. Elle regroupe dans un coffret plat de 42,9 × 38,4 × 8,95 cm et 4,2 kg l’amplification, un woofer à double membrane orienté vers le bas et deux Balanced Mode Radiators frontaux, ainsi qu’une connectique RCA, optique, USB-C, Bluetooth 6.0 et Auracast. Elle est vendue 329 € TTC en Europe à partir du 1er octobre 2026, en finition noyer ou noir.
Comment la Soundstage évite-t-elle les vibrations vers la platine ?
Victrola utilise un Symmetric Drive Woofer, c’est-à-dire deux sous-woofers montés en opposition dont les forces de réaction mécanique s’annulent tandis que leur pression acoustique s’additionne. Le woofer rayonne vers le bas et les évents bass-reflex sont à l’arrière, ce qui éloigne les basses fréquences de la cellule. Le coffret, le placement des drivers et l’amortissement ont été conçus ensemble. La marque recommande une surface plane et rigide, ainsi qu’au moins 8 cm de dégagement derrière l’appareil.
La Soundstage intègre-t-elle un préampli phono ?
Non. L’entrée RCA de la Soundstage est au niveau ligne. La platine doit donc posséder un préampli phono intégré (réglé sur LINE ou ON), ou bien il faut intercaler un préampli phono externe entre la platine et l’enceinte. Un réglage de gain d’entrée RCA en cinq crans (de -6 à +6 dB) permet ensuite d’aligner le niveau de la platine sur les autres sources, en évitant de trop pousser pour ne pas favoriser le larsen mécanique.
Quelles entrées et sorties propose la Soundstage ?
En entrée : RCA stéréo (auto-détectant), optique TOSLINK, USB-C (audio depuis un ordinateur ou lecture d’une clé USB FAT32 jusqu’à 64 Go en MP3 et WAV), Bluetooth 6.0 (A2DP 1.4, AVRCP 1.6.3) et Auracast en réception. En sortie : une prise subwoofer et la diffusion Auracast. Il n’y a pas de mini-jack 3,5 mm sur l’appareil ; une source en 3,5 mm se branche via un câble ou adaptateur 3,5 mm vers RCA, non fourni.
À quoi sert Auracast sur la Soundstage ?
Auracast permet à la Soundstage de recevoir une diffusion Bluetooth LE Audio venant d’une platine Victrola compatible (Wave, Automatic), ou d’émettre elle-même n’importe quelle source branchée (RCA, optique, USB-C, Bluetooth) vers d’autres enceintes Victrola comme les Tempo. On peut ainsi écouter un vinyle dans plusieurs pièces sans Wi-Fi ni application. Victrola précise que la réception n’est garantie qu’avec ses propres produits Auracast.
Peut-on utiliser la Soundstage sans platine, comme enceinte de bureau ou de télé ?
Oui. Victrola la présente aussi comme support de moniteur sur un bureau (source USB-C ou Bluetooth), comme barre de son pour un petit téléviseur via l’entrée optique (touche TV dédiée sur la télécommande), ou comme simple enceinte Bluetooth sur une étagère. La sortie subwoofer et le filtre passe-haut activable permettent d’ajouter un caisson externe pour un usage home cinéma léger.
Quelles sont les caractéristiques techniques annoncées ?
Victrola communique une réponse en fréquence de 50 Hz à 20 kHz, une consommation de 30 W (moins de 0,5 W en veille), une impédance interne de 8 Ω × 2 + 4 Ω, une alimentation universelle 100-240 V, et un poids de 4,2 kg. La puissance d’amplification et le diamètre des haut-parleurs ne sont pas précisés. Le carton contient l’enceinte, le cordon secteur, un câble RCA, la télécommande avec deux piles AAA et le manuel.
Quel est le prix de la Soundstage et où l’acheter en France ?
La Victrola Soundstage sera vendue 329 € TTC en Europe à partir du 1er octobre 2026 (299 £ au Royaume-Uni), en finition noyer ou noir. Les revendeurs annoncés pour la France sont Fnac, Boulanger, Carrefour et MediaMarkt. Aux États-Unis, elle est déjà disponible à 329,99 $ sur le site officiel, avec un bundle à prix réduit incluant la platine Wave. Sa principale concurrente est l’Andover Audio SpinBase, vendue autour de 350 € avec, elle, un préampli phono intégré.

