Par Thierry | Publié le 8 octobre 2026
Ce qu’il faut retenir
- Après des années de désertion, le lecteur Blu-ray 4K Ultra HD retrouve des fabricants : Krovatar KBU-300 (449 euros en France), Laser BLU-BD4K-384 (sortie australienne le 30 novembre 2026), Thomson THB365 (environ 260 euros, déjà en rayon) et, en import, les GIEC G5300 / G5800 et DpBlue DP-5300.
- Côté technique, le Dolby Vision est présent sur tous ces modèles, le HDR10+ seulement sur le Krovatar. Double sortie HDMI (vidéo + audio séparé) sur les Krovatar, Thomson et DpBlue. Le KBU-300 repose sur la puce MediaTek MT8581, un bloc optique Panasonic, et lit le SACD avec décodage DSD natif.
- Le contexte est favorable mais nuancé : les ventes de 4K Ultra HD Blu-ray ont progressé de 12 % aux États-Unis et de 19,5 % au Royaume-Uni en 2025, alors que le marché du disque dans son ensemble continue de reculer. Panasonic et Sony restent les références installées face à ces nouveaux venus.
Le lecteur Blu-ray 4K reprend des couleurs grâce à une poignée de nouveaux fabricants
Pendant des années, chaque nouvelle concernant le lecteur Blu-ray 4K ressemblait à un faire-part. Oppo a jeté l’éponge en 2018, Samsung a suivi, LG s’est retiré en 2024 et Pioneer a progressivement abandonné ses platines. Depuis la rentrée 2026, le mouvement s’inverse timidement : Krovatar débarque en France, Laser lance un modèle en Australie, et plusieurs marques chinoises occupent le terrain laissé vacant. De quoi redonner des options concrètes aux collectionneurs de galettes physiques.
Pour un audiophile, une platine Blu-ray n’est pas qu’un appareil vidéo. Les modèles dits universels lisent aussi le CD audio et, pour certains, le SACD : ils peuvent alors jouer le rôle de source numérique dans une chaîne stéréo, exactement comme les lecteurs CD hi-fi de salon que l’on branche à un ampli ou à un DAC externe. C’est précisément sur ce terrain que plusieurs des nouveaux venus se distinguent.
Le rebond du disque est réel, mais il est ciblé. Aux États-Unis, les dépenses consacrées au 4K Ultra HD Blu-ray ont progressé de 12 % en 2025 selon le Digital Entertainment Group, alors que l’ensemble DVD, Blu-ray et 4K a encore reculé de 9,3 %, à environ 750 millions d’euros (870 millions de dollars). Au Royaume-Uni, la 4K Ultra HD a bondi de 19,5 % et le Blu-ray standard de 3,1 %, portés par les éditions limitées et les steelbooks des éditeurs spécialisés. C’est donc la galette premium qui tire le marché, pas le disque en général, et ce sont ces acheteurs exigeants que visent les nouvelles platines.
Krovatar KBU-300 : la platine universelle qui arrive en France à 449 euros
Remarqué au salon IFA de Berlin en septembre, le chinois Krovatar officialise son arrivée en France via le distributeur spécialisé AudioSquad. Son modèle phare, le KBU-300, repose sur le SoC quatre cœurs MediaTek MT8581, associé à un bloc optique Panasonic. La compatibilité disques est complète : Ultra HD Blu-ray, Blu-ray, Blu-ray 3D, DVD (dézoné d’origine), CD audio et SACD avec décodage DSD natif. Côté image, la platine prend en charge les trois formats HDR qui comptent : HDR10, HDR10+ et Dolby Vision, avec upscaling 4K des sources HD.
💡 Pour comprendre : HDR10, HDR10+ et Dolby Vision
Le HDR (High Dynamic Range) élargit l’écart entre les zones les plus sombres et les plus lumineuses de l’image. Le HDR10, obligatoire sur tous les disques 4K Ultra HD, utilise des métadonnées statiques : un seul réglage de luminosité pour tout le film. Le HDR10+ et le Dolby Vision ajoutent des métadonnées dynamiques, qui indiquent au téléviseur comment ajuster l’image scène par scène, voire image par image. Sur un écran compatible, le gain se voit surtout dans les scènes très contrastées, avec moins d’écrêtage dans les hautes lumières. Un lecteur qui gère les deux formats dynamiques, comme le KBU-300, n’oblige pas à choisir son camp.
À 449 euros, le Krovatar KBU-300 réunit des arguments que l’on ne trouvait jusqu’ici que sur des platines nettement plus chères : SACD avec décodage DSD natif, HDR10+ et Dolby Vision sur la même machine, et double sortie HDMI pour séparer image et son.
La connectique comprend une double sortie HDMI (pour séparer vidéo et audio), une sortie numérique coaxiale, un port USB 3.0, un port USB 2.0, une prise Ethernet Gigabit et un module Bluetooth 5.2 compatible aptX HD, qui permet d’envoyer le son directement vers un casque sans fil ou des enceintes actives. La lecture de fichiers MKV, M2TS, TS et MP4 en 4K HDR est assurée en USB (NTFS) et en réseau DLNA, avec prise en charge des pistes Dolby Atmos et DTS:X. La télécommande fournie est elle aussi en Bluetooth.
La puce MediaTek MT8581, un héritage de l’ère Oppo
Le choix du MT8581 n’a rien d’anodin. Cette plateforme MediaTek, lancée en 2016 pour les lecteurs 4K Ultra HD, a servi de base (en version modifiée baptisée OP8591) aux Oppo UDP-203 et UDP-205, devenus des références chez les cinéphiles. On la retrouve aujourd’hui dans les Magnetar UDP800 et UDP900 ou le Reavon UBR-X200. Elle gère le décodage 4K natif, l’upscaling et les formats HDR dynamiques. Panasonic, de son côté, conserve son propre processeur HCX sur ses platines Ultra HD.
Une gamme complète, du salon au lecteur de poche
Krovatar ne vient pas seul. Le KB-200D (199 euros) se concentre sur le Blu-ray 2D/3D, le DVD et le CD, avec une puce MediaTek MT8553, la même mécanique Panasonic et une sortie analogique RCA stéréo. Plus original, les KB-100 (269 euros) et KB-100H (299 euros) sont de véritables mini-lecteurs Blu-ray, DVD et CD dans un châssis aluminium de 180 x 180 x 30 mm, avec Bluetooth aptX HD et aptX Adaptive. La version KB-100H embarque un DAC ESS Sabre ES9020 et deux sorties casque en façade (jack 3,5 mm et symétrique 4,4 mm). Enfin, un vaisseau amiral KBU-500 est annoncé pour les prochaines semaines, avec châssis lourd, alimentation linéaire surdimensionnée et afficheur OLED. Toute la gamme doit arriver dans le réseau AudioSquad au cours des prochaines semaines. Le KBU-300 est par ailleurs déjà référencé sur Amazon, où vous pouvez consulter la fiche du Krovatar KBU-300.

Le Laser BLU-BD4K-384, nouveau lecteur Blu-ray 4K Ultra HD de la marque australienne, attendu le 30 novembre 2026 en Australie. Sa façade sobre conserve un afficheur de temps de lecture en heures, minutes et secondes, devenu rare, trois touches physiques et un port USB pour la lecture de fichiers. Il gère le HDR10 et le Dolby Vision et lit les Blu-ray et DVD de toutes les zones.
Laser BLU-BD4K-384 : l’australien multizone à afficheur
Autre surprise de la rentrée, la marque australienne Laser, connue pour son électronique grand public abordable, lance le BLU-BD4K-384. Ce lecteur 4K Ultra HD prend en charge le HDR10 et le Dolby Vision, mais pas le HDR10+. Il lit les Blu-ray et DVD de toutes les zones, un vrai plus pour les amateurs d’éditions importées, et reprend un détail que la plupart des fabricants ont abandonné : un afficheur en façade qui indique le temps de lecture. La façade se limite en revanche à trois touches, ce qui rend la télécommande indispensable au quotidien.
La connectique est réduite à l’essentiel : une seule sortie HDMI, un port USB et une prise Ethernet pour la connexion réseau. La lecture audio haute résolution depuis une clé USB est annoncée. Le lecteur est proposé en précommande à environ 290 euros (499,95 dollars australiens), pour une commercialisation fixée au 30 novembre 2026 en Australie, avec trois ans de garantie. Aucune distribution européenne n’est annoncée à ce jour.
Thomson THB365 : l’option déjà en rayon en France
Le nouveau venu le plus discret est en réalité déjà disponible. Le Thomson THB365, commercialisé depuis le Black Friday 2024 par le distributeur DPA, se trouve chez Fnac, Darty (pas dans tous les magasins), La Redoute et Rakuten, à un prix indicatif d’environ 260 euros. Mal référencé, souvent présenté comme un simple lecteur DVD, il gère pourtant parfaitement le 4K Ultra HD Blu-ray avec HDR10 et Dolby Vision, l’upscaling 4K de toutes les sources et le label 3D.
Sa connectique est étonnamment complète pour le prix : une double sortie HDMI (HDMI 2.0 principale + HDMI 1.4 réservée à l’audio), une sortie coaxiale, une sortie optique, deux ports USB (2.0 et 3.0, dont un en façade) et un port Ethernet. Le Dolby TrueHD et le DTS-HD sont pris en charge, mais la platine ne décode pas elle-même le Dolby Atmos ni le DTS:X : ce travail revient à l’ampli home-cinéma.
💡 Pour comprendre : à quoi sert une double sortie HDMI ?
Beaucoup d’amplis home-cinéma un peu anciens ne savent pas faire transiter un signal vidéo 4K HDR, alors qu’ils décodent parfaitement les pistes audio Dolby TrueHD ou DTS-HD Master Audio. La double sortie HDMI règle le problème : la sortie principale envoie l’image 4K directement au téléviseur ou au vidéoprojecteur, tandis que la seconde envoie uniquement le son vers l’ampli. On garde ainsi son ampli sans sacrifier l’image. C’est une fonction héritée des platines Oppo, que l’on retrouve sur les Krovatar KBU-300, Thomson THB365 et DpBlue DP-5300, mais pas sur le Laser BLU-BD4K-384.
GIEC et DpBlue : les platines chinoises de l’import
Le chinois GIEC n’est pas un nouveau venu : ses platines G5300 et G5800 circulent depuis plusieurs années chez les amateurs d’import. Le G5300 se trouve autour de 360 à 400 euros en import, frais de douane inclus, loin des 600 euros parfois annoncés. Attention à la version achetée : certaines déclinaisons sont verrouillées en zone A pour le Blu-ray, et la lecture multizone ou de fichiers ISO dépend de firmwares modifiés proposés par des revendeurs tiers. Le G5800, plus ambitieux, ajoute la lecture du SACD et du DVD-Audio et vise clairement les mélomanes, à la manière des anciennes platines universelles.
Le DpBlue DP-5300, autre marque chinoise, cible les amateurs de home-cinéma à budget mesuré. Il lit l’Ultra HD Blu-ray, le Blu-ray 3D, le Blu-ray, le DVD et le CD, gère le HDR10 et le Dolby Vision et propose lui aussi une double sortie HDMI (HDMI 2.0 vidéo + audio, HDMI 1.4 audio seul). La lecture des DVD est dézonée. Il est affiché autour de 290 euros (environ 340 dollars) aux États-Unis, sans distribution française officielle à ce jour.
💡 Pour comprendre : le SACD et le décodage DSD
Le SACD (Super Audio CD) est un disque audio haute résolution lancé au début des années 2000, qui stocke la musique au format DSD : un flux de 1 bit échantillonné à 2,8 MHz, soit 64 fois la fréquence du CD. Un lecteur Blu-ray classique ne sait pas lire la couche SACD, il se contente de la couche CD quand le disque est hybride. Une platine universelle comme le Krovatar KBU-300 lit la couche haute résolution et peut transmettre le signal DSD en HDMI vers un ampli compatible. Pour les nombreux enregistrements classiques et jazz édités en SACD multicanal, c’est un argument de poids.
Positionnement et concurrence : Panasonic et Sony restent les références
Ces nouveaux entrants arrivent sur un marché qui n’est pas vide. Panasonic reste le pilier du segment avec une gamme complète, du DP-UB154 (environ 179 euros, HDR10+ sans Dolby Vision) au DP-UB824 (environ 449 euros, Dolby Vision et processeur HCX), jusqu’aux DP-UB9000 et DP-UB9004 pour les installations exigeantes. Sony conserve l’UBP-X700, et le haut de gamme universel est désormais occupé par les Magnetar UDP800 et UDP900, eux aussi bâtis sur le MT8581. Sans oublier les consoles PS5 et Xbox Series X, qui servent de lecteur 4K à une bonne partie du public. Pour comparer les modèles disponibles, vous pouvez parcourir notre sélection de lecteurs Blu-ray 4K Dolby Vision sur Amazon.
Le Krovatar KBU-300 vient se glisser dans l’espace laissé libre entre les Panasonic grand public et les Magnetar à plus de 1 000 euros : celui d’une platine universelle abordable, SACD compris. Thomson et Laser jouent une autre carte, celle du lecteur 4K simple et pas cher, avec le Dolby Vision en prime.
Pour les mélomanes, l’intérêt d’une platine universelle dépasse le cinéma. Le KBU-300 peut servir de transport numérique pour vos CD via sa sortie coaxiale, reliée à un convertisseur DAC de salon, tandis que sa fonction DLNA en fait un lecteur réseau d’appoint, à côté d’un vrai streamer audio dédié.
Un signal positif, mais encore fragile
Ce retour d’offre reste modeste. Le Laser n’est annoncé que pour l’Australie, GIEC et DpBlue passent surtout par l’import, et la question du suivi logiciel à long terme (mises à jour de firmware, compatibilité des nouveaux disques) reste ouverte pour ces jeunes marques. Mais pour la première fois depuis longtemps, un acheteur français a le choix entre plusieurs platines 4K Ultra HD avec Dolby Vision sous 500 euros, dont une universelle avec SACD. Pour un format que beaucoup disaient condamné, c’est déjà une bonne nouvelle.
La fiche du nouveau lecteur 4K Ultra HD BLU-BD4K-384 est à retrouver sur le site Laser, en attendant de savoir si la marque australienne franchira un jour les frontières européennes.
Si vous hésitez entre ces platines, un Panasonic ou une console pour lire vos disques 4K, ou si vous voulez savoir comment intégrer un lecteur universel dans votre chaîne hi-fi, posez votre question en commentaire, sinon je suis là.

FAQ – Lecteurs Blu-ray 4K Krovatar KBU-300, Laser BLU-BD4K-384 et Thomson THB365
Quels nouveaux lecteurs Blu-ray 4K sont sortis en 2026 ?
Plusieurs marques relancent l’offre : Krovatar avec le KBU-300 (449 euros en France via AudioSquad), Laser avec le BLU-BD4K-384 (Australie, 30 novembre 2026), tandis que le Thomson THB365 (environ 260 euros) est disponible en France depuis fin 2024. En import, on trouve aussi les GIEC G5300 et G5800 et le DpBlue DP-5300. Tous gèrent le Dolby Vision.
Le Krovatar KBU-300 est-il disponible en France ?
Oui, Krovatar a officialisé sa distribution en France via AudioSquad, avec une disponibilité annoncée dans le réseau du distributeur au cours des prochaines semaines. Le prix indicatif est de 449 euros. La gamme comprend aussi le KB-200D (199 euros), le mini-lecteur KB-100 (269 euros) et sa version audiophile KB-100H (299 euros), le KBU-500 haut de gamme étant attendu prochainement.
Le Laser BLU-BD4K-384 sera-t-il vendu en Europe ?
Rien n’est annoncé pour l’instant. Le Laser BLU-BD4K-384 est en précommande en Australie à 499,95 dollars australiens (environ 290 euros), pour une sortie le 30 novembre 2026 avec trois ans de garantie. Une importation reste possible, mais il faudra vérifier la prise d’alimentation, la garantie et les frais de port avant de se lancer.
Quelle différence entre HDR10, HDR10+ et Dolby Vision ?
Le HDR10 est le format de base présent sur tous les disques 4K Ultra HD, avec des métadonnées fixes pour tout le film. Le HDR10+ et le Dolby Vision ajoutent des métadonnées dynamiques qui ajustent l’image scène par scène. Parmi les nouveaux lecteurs, seul le Krovatar KBU-300 gère les trois formats. Les Laser, Thomson et DpBlue se limitent au HDR10 et au Dolby Vision.
Les disques 4K Ultra HD Blu-ray sont-ils zonés ?
La norme 4K Ultra HD Blu-ray ne prévoit en principe pas de zonage, à de très rares exceptions près. En revanche, les Blu-ray classiques (zones A, B, C) et les DVD restent souvent zonés. C’est là que la lecture multizone du Laser BLU-BD4K-384 ou la section DVD dézonée des Krovatar KBU-300 et DpBlue DP-5300 prennent tout leur intérêt pour les amateurs d’éditions importées.
À quoi sert la double sortie HDMI d’un lecteur Blu-ray 4K ?
Elle permet d’envoyer l’image 4K HDR directement au téléviseur par la sortie principale, et le son seul vers un ampli home-cinéma par la seconde sortie. C’est la solution idéale si votre ampli décode bien le Dolby TrueHD ou le DTS-HD mais ne sait pas faire transiter la vidéo 4K HDR. Les Krovatar KBU-300, Thomson THB365 et DpBlue DP-5300 en sont équipés, pas le Laser BLU-BD4K-384.
Peut-on lire des SACD avec ces nouveaux lecteurs ?
Oui avec le Krovatar KBU-300, qui lit le SACD avec décodage DSD natif, et avec le GIEC G5800, qui gère aussi le DVD-Audio. Les Thomson THB365, Laser BLU-BD4K-384 et DpBlue DP-5300 ne lisent pas la couche SACD : sur un disque hybride, ils se contenteront de la couche CD. Pour les collections de musique classique ou de jazz en SACD multicanal, le choix d’une platine universelle s’impose.
Faut-il encore préférer un lecteur Panasonic ou Sony ?
Panasonic reste la valeur sûre, avec un réseau de distribution solide, un suivi logiciel éprouvé et une gamme qui va du DP-UB154 (environ 179 euros) aux DP-UB9000 et DP-UB9004. Les nouveaux venus se démarquent sur des points précis : SACD et HDR10+ avec Dolby Vision chez Krovatar, double HDMI à petit prix chez Thomson, lecture multizone chez Laser. Le bon choix dépend donc de vos disques et de votre ampli.

