Par Thierry | Publié le 14 octobre 2026
Ce qu’il faut retenir
- iFi met à jour son ampli casque de référence avec l’iCAN Phantom 1.5, vendu 3 749 euros sur sa boutique européenne (3 749 $ aux États-Unis), au même prix que le modèle d’origine.
- L’électronique reste celle de l’iCAN Phantom : double étage d’entrée en classe A (transistors J-FET ou tubes GE 5670 appairés, avec modes Tube et Tube+), circuit entièrement différentiel, plus de 15 000 mW en symétrique sur 16 ohms, et sorties pour casques électrostatiques jusqu’à 640 V.
- Les nouveautés : gains de 0, 12 et 24 dB (au lieu de 0, 9 et 18 dB), iEMatch à deux niveaux (12/24 dB en symétrique, 6/12 dB en asymétrique), vumètres et nouvelle interface, potentiomètres amortis, verre anti-traces et suivi de l’état des tubes dans l’appli Nexis.
iFi iCAN Phantom 1.5 : l’ampli casque universel affine sa copie
Rares sont les amplis casque capables d’alimenter aussi bien un intra très sensible qu’un casque planar gourmand et un électrostatique. L’iCAN Phantom fait partie de ce cercle très fermé. Sa version 1.5 ne touche pas au cœur électronique, mais corrige ce qui pouvait gêner au quotidien : l’écart entre les gains, l’adaptation aux intras et l’ergonomie.
iFi, marque britannique connue pour ses DAC et amplis nomades comme l’iDSD GR-2 à puce PCM1795, a frappé fort avec l’iCAN Phantom, son ampli casque de salon le plus ambitieux. Le principe : un seul appareil pour toute une collection de casques, des intras aux électrostatiques, sans avoir à empiler les amplis.
L’iCAN Phantom 1.5 reprend ce concept et le même boîtier à deux niveaux. iFi publie un tableau comparatif détaillé, que nous avons traduit plus bas : les mesures sont identiques, les changements portent sur les gains, l’iEMatch, l’interface et la finition.
Deux étages d’entrée en classe A, au choix
La particularité de l’iCAN Phantom est de proposer deux étages d’entrée complètement séparés, que l’on commute en temps réel. Le premier est un étage à transistors discrets J-FET en classe A. Le second est un étage à tubes en classe A, construit autour d’une paire de General Electric 5670 sélectionnés à la main et appairés par ordinateur, une variante haut de gamme du tube 6922. Cet étage à tubes propose deux modes : Tube et Tube+, ce dernier réduisant le gain de boucle et donc la contre-réaction pour laisser davantage s’exprimer les harmoniques du tube, au prix d’une distorsion plus élevée.
💡 Pour comprendre : la contre-réaction
La contre-réaction consiste à réinjecter une partie du signal de sortie à l’entrée de l’ampli pour corriger ses propres erreurs. Plus elle est forte, plus la distorsion mesurée baisse. Mais certains auditeurs trouvent qu’un circuit avec peu de contre-réaction sonne plus « vivant », avec des harmoniques plus présentes. Le mode Tube+ de l’iCAN Phantom fait ce choix : sa distorsion monte à 0,012 % en symétrique et 0,2 % en asymétrique, contre 0,002 % et 0,006 % en mode Tube. C’est un réglage de goût, pas une amélioration technique.
« L’iCAN Phantom 1.5 a été conçu pour mettre fin à ce compromis : être l’ampli de référence capable d’alimenter pratiquement tous les casques existants, du plus délicat des intras au plus exigeant des électrostatiques », résume iFi.
Le circuit est entièrement différentiel de l’entrée à la sortie, ce qu’iFi appelle True Differential Balanced : chaque canal est porté par deux signaux de polarité opposée, ce qui impose quatre circuits d’amplification. Le volume est confié à un potentiomètre motorisé ALPS à six pistes, fabriqué au Japon : deux pistes par canal pour les signaux positif et négatif, et deux pour surveiller sa position.
Puissance et mesures
En sortie symétrique, iFi annonce plus de 15 000 mW en crête et plus de 6 250 mW en continu sur 16 ohms, et plus de 27 V sur 600 ohms. En asymétrique, on dispose de plus de 5 760 mW en crête et 4 500 mW en continu sur 16 ohms, et de 14 V sur 600 ohms. Le rapport signal sur bruit dépasse 145 dB(A) en symétrique et 130 dB(A) en asymétrique, et la bande passante s’étend de 0,5 Hz à 500 kHz à -3 dB. En mode transistors, la distorsion reste sous 0,0015 % en symétrique.
Les sorties électrostatiques
L’iCAN Phantom intègre un véritable étage pour casques électrostatiques. La sortie Custom/Pro délivre une tension de polarisation de 500 à 640 V RMS, choisie grâce à des cartes SD calibrées individuellement et étiquetées avec les modèles de casques compatibles. Une sortie Normal à 230 V accueille les électrostatiques plus anciens. Des réglages de terminaison et d’impédance permettent d’ajuster le comportement de l’ampli avec ces casques.

L’iCAN Phantom 1.5 et son boîtier en aluminium à deux niveaux : les connexions en bas, les commandes, l’écran OLED couleur et le verre fumé anti-traces en haut, avec une vue sur l’électronique.
Ce qui change avec la version 1.5
Le tableau publié par iFi est clair : tension de sortie, puissance, rapport signal sur bruit, distorsion, bande passante, dimensions (25,6 x 18,5 x 12 cm) et poids (4,2 kg) ne bougent pas. Toutes les évolutions portent sur l’usage.

Le tableau comparatif officiel d’iFi, traduit en français : les mesures sont identiques, les nouveautés de la version 1.5 apparaissent en bleu (gains, vumètre, interface, iEMatch, appli Nexis, traitement anti-traces, potentiomètres).
Des gains plus espacés et un iEMatch à deux niveaux
Les trois gains passent de 0, 9 et 18 dB à 0, 12 et 24 dB. Le gain unitaire (0 dB) reste le choix des casques sensibles et des intras, pour un bruit minimal, tandis que les 24 dB donnent davantage de marge aux casques difficiles. Surtout, l’iEMatch, qui atténue le niveau pour les intras très sensibles, propose désormais deux niveaux : 12 ou 24 dB en symétrique, 6 ou 12 dB en asymétrique, contre une seule valeur auparavant.
💡 Pour comprendre : à quoi sert l’iEMatch
Un ampli capable de sortir 27 V sur un casque de 600 ohms est beaucoup trop puissant pour un intra de 100 dB/mW : le moindre quart de tour du volume devient assourdissant, et le souffle de fond peut s’entendre. L’iEMatch d’iFi atténue le signal à la sortie, ce qui abaisse à la fois le niveau et le bruit, et redonne au potentiomètre une course utile. Avec deux niveaux d’atténuation au lieu d’un, la version 1.5 s’adapte plus finement aux intras les plus sensibles.
Vumètres, interface et appli Nexis
L’écran OLED couleur adopte une nouvelle interface, alignée sur celle de l’iDSD Phantom, et affiche désormais des vumètres. Les potentiomètres reçoivent des patins amortis pour une rotation plus douce, et le verre supérieur comme l’écran gagnent un traitement anti-traces. L’appli Nexis, qui pilote l’ampli depuis un smartphone et assure les mises à jour à distance, ajoute un bouton de réinitialisation, le renommage de l’appareil et surtout l’affichage de l’état de santé des tubes. XBass Pro et XSpace Pro restent proposés, avec trois niveaux chacun.

La face arrière de l’iCAN Phantom 1.5, avec ses connexions symétriques et asymétriques. L’ampli est livré avec un câble RCA, l’alimentation iPower Elite 15 V et une télécommande infrarouge.
Prix et disponibilité
L’iCAN Phantom 1.5 est vendu 3 749 euros sur la boutique européenne d’iFi, où il est indiqué en stock, et 3 749 $ aux États-Unis. C’est le même prix que l’iCAN Phantom d’origine. Il est livré avec un câble RCA, l’alimentation iPower Elite 15 V et une télécommande infrarouge, et bénéficie d’une garantie de deux ans dans l’Union européenne.
Pour les propriétaires de la première version, la question se pose : l’électronique audio étant identique, la mise à jour se justifie surtout si l’on utilise des intras sensibles (grâce au nouvel iEMatch) ou si l’on veut le suivi des tubes et les vumètres.
Face à la concurrence
À ce prix, la concurrence se partage entre amplis à transistors très puissants, amplis à tubes, et amplis dédiés aux électrostatiques. Peu d’appareils réunissent les trois usages, et c’est l’argument principal d’iFi. Pour qui n’a pas besoin de sortie électrostatique, des amplis comme l’Orchard Audio Valencia MG et ses 17 W visent les casques gourmands pour moins cher. Et pour un budget bien plus raisonnable, la marque propose le iFi Zen Can Signature HFM, ampli casque symétrique de bureau.
L’iCAN Phantom 1.5 ne cherche pas à battre un ampli spécialisé sur son terrain : il veut être le seul ampli dont un collectionneur de casques ait besoin.
Les casques planar exigeants, comme le Moondrop Skyland que nous avons testé, sont typiquement ceux qui profitent d’une telle réserve de puissance. Pour comparer d’autres solutions, vous pouvez parcourir les amplis casque symétriques sur Amazon.
Une évolution plutôt qu’une révolution
Avec cette version 1.5, iFi choisit de peaufiner plutôt que de tout refaire : même cœur, même prix, mais une ergonomie revue là où les utilisateurs l’attendaient.
Mon avis
J’apprécie la franchise d’iFi sur ce coup : la marque publie un tableau qui montre noir sur blanc que les mesures n’ont pas changé. Pas de promesse de « son encore meilleur », seulement des corrections d’usage. C’est rare dans un secteur qui aime présenter chaque révision comme une révolution.
Les deux vraies avancées, à mes yeux, sont l’iEMatch à deux niveaux et le suivi de l’état des tubes. Un ampli de 15 W en crête qui veut aussi servir des intras doit pouvoir descendre très bas en niveau et en bruit, et la version d’origine était un peu juste sur ce point. Savoir où en sont ses GE 5670 sans les sortir de leur support est aussi un vrai plus.
Reste une question que je poserais volontiers à iFi : un programme de mise à niveau est-il prévu pour les propriétaires de la première version, au moins pour l’interface et l’appli ? À ce prix, ce serait un beau geste.
Toutes les caractéristiques, le manuel et la commande sont sur le site iFi audio.
Vous hésitez entre l’iCAN Phantom 1.5 et un ampli plus spécialisé, ou vous vous demandez si votre casque en profitera vraiment ? Posez votre question en commentaire, sinon je suis là.

FAQ – iFi iCAN Phantom 1.5
Combien coûte l’iFi iCAN Phantom 1.5 ?
L’iCAN Phantom 1.5 est vendu 3 749 euros sur la boutique européenne d’iFi et 3 749 $ aux États-Unis, le même prix que l’iCAN Phantom d’origine. Il est livré avec son alimentation iPower Elite, un câble RCA et une télécommande.
Qu’est-ce qui change entre l’iCAN Phantom et l’iCAN Phantom 1.5 ?
Les mesures restent identiques. La version 1.5 passe à des gains de 0, 12 et 24 dB, propose un iEMatch à deux niveaux, ajoute des vumètres et une nouvelle interface, des potentiomètres amortis, un traitement anti-traces sur le verre et l’écran, et le suivi de l’état des tubes dans l’appli Nexis.
Quelle est la puissance de l’iCAN Phantom 1.5 ?
En symétrique, iFi annonce plus de 15 000 mW en crête et plus de 6 250 mW en continu sur 16 ohms, et plus de 27 V sur 600 ohms. En asymétrique, plus de 5 760 mW en crête et 4 500 mW en continu sur 16 ohms, et plus de 14 V sur 600 ohms.
L’iCAN Phantom 1.5 peut-il alimenter un casque électrostatique ?
Oui. Sa sortie Custom/Pro délivre de 500 à 640 V RMS de polarisation, réglée par des cartes SD calibrées et étiquetées selon les casques compatibles, et une sortie Normal à 230 V accueille les modèles plus anciens. Des réglages de terminaison et d’impédance affinent l’association.
Quels tubes utilise l’iCAN Phantom 1.5 ?
L’étage à tubes en classe A utilise une paire de General Electric 5670 sélectionnés à la main et appairés par ordinateur, une variante haut de gamme du 6922. On peut basculer en temps réel entre cet étage, en mode Tube ou Tube+, et l’étage à transistors J-FET en classe A.
L’iCAN Phantom 1.5 convient-il aux intras ?
Oui. Le gain unitaire de 0 dB limite le bruit, et l’iEMatch atténue désormais le signal de 12 ou 24 dB en symétrique et de 6 ou 12 dB en asymétrique. Le rapport signal sur bruit dépasse 145 dB(A) en symétrique, ce qui laisse un silence de fond adapté aux intras sensibles.
À quoi sert l’appli Nexis avec l’iCAN Phantom 1.5 ?
Nexis transforme le smartphone en télécommande avancée : réglages à distance, mises à jour sans fil, et sur la version 1.5, un bouton de réinitialisation, le renommage de l’appareil et l’affichage de l’état de santé des tubes.
Quelles sont les dimensions de l’iCAN Phantom 1.5 ?
L’iCAN Phantom 1.5 mesure 25,6 x 18,5 x 12 cm et pèse 4,2 kg, comme le modèle d’origine. Son boîtier en aluminium à deux niveaux regroupe les connexions en bas et les commandes en haut, sous un verre fumé qui laisse voir l’électronique.

