Par Thierry | Publié le 29 octobre 2026
Ce qu’il faut retenir
- Le constructeur suisse Merason propose aux propriétaires de DAC 1 et de DAC 1 Mk II une mise à niveau matérielle qui amène leur appareil au niveau technique du DAC 2, vendu neuf environ 13 500 € TTC. Le distributeur allemand annonce 4 320 € TTC depuis un DAC 1 Mk II et 7 340 € TTC depuis un DAC 1, avec 3 ans de garantie supplémentaires.
- Au programme : étage de sortie discret entièrement symétrique en classe A sans contre-réaction, retravaillé et agrandi, suppression des condensateurs de sortie au profit d’un servo DC, alimentation améliorée pour la partie analogique des deux PCM1794A, nouveau circuit imprimé multicouche, dissipateurs appairés thermiquement et nouveaux pieds absorbants.
- Ce qui ne change pas : la conversion double mono par deux Burr-Brown PCM1794A, les entrées numériques isolées galvaniquement (USB, coaxiale, optique, AES/EBU) et l’absence de réglage de volume. Une opération spéciale est organisée autour des Düsseldorfer HiFi-Tage des 28 et 29 novembre 2026, la mise à niveau restant possible le reste du temps via les revendeurs Merason.
Merason fait évoluer ses DAC au lieu de les remplacer
Dans la hi-fi, un nouveau modèle signifie souvent une décote brutale pour l’ancien. Merason prend le chemin inverse : le DAC 2 ne rend pas le DAC 1 obsolète, il devient une destination accessible à tous ceux qui en possèdent déjà un. Le convertisseur repart à l’usine, reçoit la nouvelle électronique analogique, et revient avec les caractéristiques du modèle actuel. C’est une démarche rare, et elle mérite qu’on regarde en détail ce qui est réellement remplacé.
Merason est une petite manufacture suisse, marque de la société niedal audio lab AG installée à Bangerten bei Worb, avec une production à Burgdorf, dans le canton de Berne. Son fondateur, Daniel Frauchiger, défend une idée simple : la musique numérique doit être traitée avec un soin extrême parce que « nos oreilles sont analogiques ». Le DAC 1, puis le DAC 1 Mk II, ont construit la réputation de la marque avec une architecture double mono à base de puces Burr-Brown PCM1794A, un choix de conversion classique que l’on retrouve dans l’histoire des convertisseurs numérique-analogique comme l’une des références de la grande époque des puces multibit hybrides.
Le DAC 2, présenté comme « l’évolution du légendaire DAC 1 Mk II », garde ce cœur de conversion mais revoit presque toute la partie analogique. C’est précisément cette partie que Merason propose désormais de greffer sur les appareils existants.
Ce que change la mise à niveau : un étage de sortie classe A sans contre-réaction
L’élément central de l’opération est l’étage de sortie. Sur le DAC 2, il s’agit d’un étage entièrement discret, sans circuit intégré dans le chemin du signal, totalement symétrique et polarisé en classe A, sans contre-réaction. La mise à niveau installe une version retravaillée et agrandie de cet étage. Les transistors de sortie sont montés sur des dissipateurs conçus et appairés thermiquement pour l’appareil, fixés par rondelles ressorts afin de garantir une pression de contact constante dans le temps.
💡 Pour comprendre : un étage de sortie sans contre-réaction
La contre-réaction consiste à réinjecter une partie du signal de sortie vers l’entrée d’un amplificateur pour corriger ses erreurs. Elle fait baisser la distorsion mesurée, mais elle suppose que le circuit réagisse instantanément, ce qui n’est jamais tout à fait le cas sur les transitoires. Un étage sans contre-réaction doit donc être linéaire par lui-même, grâce à des composants triés, une polarisation généreuse (ici en classe A, où les transistors conduisent en permanence) et une alimentation très propre. C’est plus coûteux et plus exigeant à concevoir, et c’est un choix que les concepteurs qui le font associent à un rendu plus naturel des attaques et des timbres.
Le DAC 2 est décrit par Merason comme « l’évolution du légendaire DAC 1 Mk II » : même philosophie, même conversion double mono, mais une électronique analogique entièrement repensée.
Le deuxième changement majeur concerne la liaison de sortie. Les condensateurs placés en série sur la sortie disparaissent, remplacés par un servo DC. Le signal musical ne traverse donc plus aucun condensateur de liaison avant les prises XLR et RCA.
Le servo DC remplace les condensateurs de sortie
Un convertisseur doit délivrer une sortie centrée sur zéro volt : la moindre tension continue envoyée vers un préamplificateur ou un amplificateur peut produire un bruit à la commutation, voire solliciter dangereusement les haut-parleurs. La solution classique consiste à bloquer cette tension continue avec un condensateur. Le servo DC procède autrement : un petit circuit annexe surveille en permanence la composante continue en sortie et la corrige à la source, sans rien placer sur le trajet de la musique.
💡 Pour comprendre : pourquoi supprimer les condensateurs de liaison
Un condensateur de liaison laisse passer le signal alternatif (la musique) et bloque le continu. Mais ce n’est pas un composant parfait : il forme un filtre avec l’impédance d’entrée de l’appareil suivant, et son diélectrique peut ajouter de légères distorsions, surtout dans le grave. Avec un servo DC, le circuit lui-même maintient la sortie à zéro volt : plus de filtre en série, une bande passante qui descend jusqu’au continu et un chemin du signal plus court. C’est une solution plus complexe, réservée en général aux électroniques haut de gamme.
Alimentation, circuit imprimé et mécanique
La mise à niveau améliore aussi l’alimentation des sections analogiques des deux puces de conversion. Pour mémoire, le DAC 2 comme le DAC 1 Mk II utilisent douze alimentations indépendantes, séparées pour chaque canal et pour les entrées numériques, avec des transformateurs surdimensionnés. Le circuit principal passe à un nouveau circuit imprimé multicouche, qui réduit l’impédance des pistes, limite les pertes et améliore le blindage, avec davantage de composants CMS de précision. Enfin, l’appareil reçoit de nouveaux pieds absorbants destinés à limiter la transmission des vibrations.

Le Merason DAC 2 : c’est son étage de sortie classe A sans contre-réaction, avec servo DC à la place des condensateurs de liaison, que la mise à niveau en usine transplante dans les anciens DAC 1 et DAC 1 Mk II.
Ce qui reste : la conversion double mono PCM1794A
Merason ne touche pas au cœur numérique, et c’est logique puisque le DAC 2 l’a conservé. Chaque canal dispose de sa propre puce Burr-Brown PCM1794A, suivie d’un étage de conversion courant-tension discret. Selon Merason, cette configuration double mono apporte 5 dB de dynamique supplémentaire et une scène sonore plus large et plus stable qu’une puce partagée entre les deux canaux.
Les chiffres avant et après
Les fiches officielles permettent de mesurer l’écart. Le DAC 1 Mk II délivre jusqu’à 3 V RMS en symétrique et 1,5 V RMS en asymétrique, avec un THD+N inférieur à 0,01 %. Le DAC 2 monte à 3,5 V RMS en XLR et 1,75 V RMS en RCA, avec un THD+N inférieur à 0,006 %. Les autres valeurs sont identiques : rapport signal sur bruit supérieur à 120 dB, réponse en fréquence de 20 Hz à 20 kHz à ±0,3 dB, entrées USB, coaxiale, optique et AES/EBU isolées galvaniquement, de 44,1 à 192 kHz en 16 ou 24 bits (176,4 kHz maximum en USB), sans DSD. Le format ne change pas non plus : 45 x 10 x 29 cm et 5,5 kg, avec une consommation de 30 W.

Le Merason DAC 1 Mk II, ici en finition champagne : la mise à niveau en usine lui apporte les spécifications du DAC 2 sans changer d’appareil.
Tarifs, délais et opération de Düsseldorf
La mise à niveau concerne uniquement le DAC 1 d’origine et le DAC 1 Mk II. Les tarifs communiqués par CM-Audio, distributeur de la marque en Allemagne, sont de 4 320 € TTC pour un DAC 1 Mk II et de 7 340 € TTC pour un DAC 1, l’écart s’expliquant par le nombre plus important de pièces à remplacer sur la première génération. À comparer aux quelque 13 500 € d’un DAC 2 neuf. La garantie est automatiquement prolongée de trois ans après l’intervention.
Pour les Düsseldorfer HiFi-Tage des 28 et 29 novembre 2026, une opération spéciale évite l’envoi en Suisse : inscription par e-mail auprès de CM-Audio avant le 11 novembre 2026 (modèle, numéro de série, coordonnées), envoi de l’appareil dans son emballage d’origine sans accessoires à Neuss avant le 23 novembre, intervention réalisée le 27 novembre par Daniel Frauchiger en personne, puis retrait sur le salon ou retour par la poste. En dehors de cet événement, la mise à niveau passe par les revendeurs et distributeurs Merason. Les tarifs pour la France ne sont pas communiqués à ce jour.
Positionnement : le DAC 2 pour une fraction du prix du neuf
Pour un propriétaire de DAC 1 Mk II, l’équation est assez claire : un tiers du prix d’un DAC 2 neuf, sans avoir à revendre son appareil sur le marché de l’occasion, et une garantie renouvelée. Sur le DAC 1 d’origine, le calcul est plus serré puisque la facture dépasse la moitié du prix du neuf, mais elle reste nettement inférieure à l’achat d’un convertisseur de ce niveau. Ceux qui hésitent encore peuvent parcourir notre sélection de DAC audiophiles à sorties symétriques sur Amazon pour situer le niveau de prix du segment.
Peu de marques acceptent de transformer un ancien produit en produit actuel. C’est une façon de protéger la valeur de l’appareil de ses clients plutôt que de les pousser à racheter.
La démarche rappelle celle d’autres fabricants attachés aux évolutions matérielles, mais elle reste rare à ce niveau d’intervention, puisque c’est toute la carte analogique qui est revue. Elle s’inscrit dans la même logique de longévité que celle des sources réseau évolutives comme le lecteur réseau double mono Lumin S2, où l’on préfère une plateforme qui dure à un renouvellement permanent.
Un signal envoyé au marché
Merason ne promet pas une révolution, mais une continuité : la même conversion, une électronique analogique de génération plus récente et des mesures en progrès sur la tension de sortie et la distorsion. Pour une marque artisanale, c’est aussi une manière intelligente d’entretenir sa base de clients pendant que la nouvelle série Mountain occupe le haut de la gamme.
Mon avis
J’aime beaucoup ce genre d’annonce. On parle sans arrêt de durabilité dans la hi-fi, mais rares sont les fabricants qui ouvrent réellement leurs anciens appareils pour y installer la dernière électronique. Ici, ce n’est pas une mise à jour logicielle déguisée : étage de sortie, liaison sans condensateur, alimentation et circuit imprimé changent.
Le prix demande tout de même réflexion. Depuis un DAC 1 Mk II, 4 320 € pour obtenir un DAC 2 me paraît cohérent. Depuis un DAC 1 d’origine, 7 340 € commence à peser, et je comprendrais qu’un propriétaire préfère revendre et comparer avec d’autres convertisseurs du marché. La question que j’aimerais poser à Merason : quel gain audible la marque attend-elle entre un DAC 1 Mk II et un DAC 2, au-delà des chiffres de tension et de distorsion ?
Reste que le cœur PCM1794A est conservé, et c’est rassurant : on ne change pas la signature de conversion qui a séduit les propriétaires, on affine ce qui vient après. Pour qui aime son DAC 1 Mk II et compte le garder longtemps, c’est une très bonne nouvelle.
Les fiches techniques des DAC 1 Mk II et DAC 2 ainsi que la liste des revendeurs sont disponibles sur le site Merason.
Vous possédez un DAC 1 ou un DAC 1 Mk II et vous hésitez à franchir le pas, ou vous avez une question sur la différence entre les deux générations ? Posez-la en commentaire, sinon je suis là.

FAQ – Merason DAC 1 Mk II mise à niveau DAC 2
Quels appareils Merason peuvent être mis à niveau vers le DAC 2 ?
Seuls le DAC 1 d’origine et le DAC 1 Mk II sont concernés. Les autres modèles de la marque, comme le frérot ou la série Mountain, ne font pas partie du programme. L’intervention amène l’appareil au niveau technique du DAC 2 actuel.
Combien coûte la mise à niveau ?
Le distributeur allemand annonce 4 320 € TTC depuis un DAC 1 Mk II et 7 340 € TTC depuis un DAC 1. Un DAC 2 neuf est vendu environ 13 500 €. Les tarifs français n’ont pas encore été communiqués.
Qu’est-ce qui est remplacé dans l’appareil ?
L’étage de sortie discret symétrique en classe A sans contre-réaction est retravaillé et agrandi, les condensateurs de sortie sont remplacés par un servo DC, et l’alimentation analogique des puces de conversion est améliorée. S’y ajoutent un circuit imprimé multicouche, des composants CMS de précision, des dissipateurs appairés et de nouveaux pieds absorbants.
Les puces de conversion changent-elles ?
Non. La conversion double mono par deux Burr-Brown PCM1794A, une par canal, est conservée, tout comme les entrées numériques isolées galvaniquement. C’est la partie analogique qui évolue.
Quelles différences de mesures entre DAC 1 Mk II et DAC 2 ?
La tension de sortie passe de 3 à 3,5 V RMS en XLR et de 1,5 à 1,75 V RMS en RCA. Le THD+N descend de moins de 0,01 % à moins de 0,006 %. Le rapport signal sur bruit reste supérieur à 120 dB.
Le DAC 2 lit-il le DSD ?
Non. Comme le DAC 1 Mk II, il accepte le PCM de 44,1 à 192 kHz en 16 ou 24 bits sur les entrées coaxiale, optique et AES/EBU, et jusqu’à 176,4 kHz en USB. Il n’a ni réglage de volume ni sortie casque.
Comment profiter de l’opération des Düsseldorfer HiFi-Tage ?
Il faut s’inscrire par e-mail auprès de CM-Audio avant le 11 novembre 2026, puis envoyer l’appareil dans son carton d’origine à Neuss avant le 23 novembre. L’intervention est réalisée le 27 novembre et l’appareil se récupère sur le salon les 28 ou 29 novembre, ou revient par la poste.
La garantie est-elle prolongée ?
Oui, la garantie est automatiquement prolongée de trois ans après la mise à niveau. En dehors de l’opération de Düsseldorf, l’intervention passe par un revendeur ou un distributeur Merason.

