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SMSL RAW-MHA1 : l’ampli de puissance de bureau qui monte à 345 watts en mode pont BTL

Amplificateur de puissance SMSL RAW-MHA1 noir posé sur un meuble en bois à côté d'enceintes de bibliothèque blanches, face avant avec bouton de volume, sélecteur d'entrée XLR RCA et afficheur indiquant le mode BTL
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Ecrit par Thierry

Par Thierry | Publié le 23 septembre 2026

Ce qu’il faut retenir

  • SMSL lance le RAW-MHA1, un bloc de puissance de bureau à 199,99 dollars (soit environ 174 euros hors taxes au cours du moment, plus vraisemblablement 200 à 230 euros TTC une fois arrivé chez les revendeurs européens), sorti le 4 septembre 2026 et pas encore référencé sur Amazon France.
  • Architecture numérique Infineon annoncée à plus de 90 % de rendement : 160 W par canal sous 4 ohms en stéréo, 85 W par canal sous 8 ohms, et jusqu’à 345 W sous 8 ohms en mode pont BTL mono, avec 0,004 % de THD+N et 104 dB de rapport signal/bruit.
  • Entrées XLR symétriques et RCA commutables, sortie ligne caisson de basses dédiée avec filtre passe-bas intégré pour monter un 2.1 sans filtre actif externe, châssis aluminium usiné CNC de 182 x 46 x 187 mm pour 1,32 kg.

SMSL remet un bloc de puissance nu au centre du bureau

La gamme RAW de SMSL suit une logique simple : retirer tout ce qui n’est pas indispensable pour concentrer le budget sur ce qui fait le son. Après un tout-en-un et deux convertisseurs, la marque chinoise s’attaque au maillon le plus ingrat de la chaîne de bureau, l’étage de puissance. Le RAW-MHA1 n’a ni écran de contrôle, ni décodage, ni Bluetooth. Il amplifie, point.

Le segment de l’amplification de bureau a explosé depuis que la classe D est devenue assez propre pour être prise au sérieux par les audiophiles. En cinq ans, on est passé de petits blocs bricolés autour d’une puce TPA3116 à des machines mesurables qui tiennent tête à des intégrés bien plus chers. SMSL connaît bien ce terrain : la marque avait déjà signé un tout-en-un remarqué dans cette même famille, comme le rappelle notre test du SMSL RAW-HA1, qui regroupait convertisseur, ampli casque et étage haut-parleurs dans un seul boîtier.

Le RAW-MHA1 prend le chemin inverse. Là où le HA1 voulait tout faire, le MHA1 ne veut faire qu’une chose. Le pari est de proposer, pour le prix d’un accessoire, une puissance et une connectique que l’on trouvait jusqu’ici sur des blocs deux à trois fois plus chers.

Amplificateur de puissance SMSL RAW-MHA1 vu de face devant deux enceintes de bibliothèque noires à deux voies, avec sélecteur d'entrée XLR et LINE IN, témoin PROT et large potentiomètre de niveau, posé sur une scène de concert stylisée

Le SMSL RAW-MHA1 en visuel officiel de lancement : face avant réduite à un bouton d’alimentation, un sélecteur XLR ou LINE IN, un témoin de protection PROT et un potentiomètre de niveau. La mise en scène sur estrade illustre le discours de puissance de SMSL, avec 345 watts revendiqués en mode pont BTL sous 8 ohms.

Une puce Infineon et un rendement supérieur à 90 %

SMSL annonce une puce d’amplification numérique Infineon de dernière génération, sans en préciser publiquement la référence exacte. Le constructeur met en avant un rendement de conversion supérieur à 90 %, ce qui explique qu’un boîtier de 1,32 kg, haut de 46 mm et sans radiateur apparent, puisse revendiquer des chiffres de puissance de cet ordre. La chaîne est alimentée par une alimentation à découpage interne, épaulée par des résistances à faible bruit, des coupleurs spécifiques et des bornes dorées.

💡 Pour comprendre : pourquoi la classe D dépasse 90 % de rendement

Un amplificateur classique en classe AB laisse ses transistors travailler en permanence dans une zone intermédiaire où ils dissipent de la chaleur : la moitié de l’énergie consommée part en calories, d’où les gros radiateurs. Un amplificateur en classe D fonctionne en tout ou rien, comme un interrupteur qui s’ouvre et se ferme des centaines de milliers de fois par seconde. Un transistor complètement ouvert ou complètement fermé ne dissipe presque rien, et un filtre placé en sortie reconstitue le signal audio à partir de ces impulsions. C’est cette gymnastique qui permet à un appareil de la taille d’un livre de poche de délivrer plusieurs centaines de watts sans chauffer, et c’est aussi pour cela que les blocs de bureau modernes ont pu devenir aussi compacts.

Les chiffres mesurés annoncés placent le RAW-MHA1 très au-dessus de ce que son tarif laissait espérer : 0,004 % de distorsion harmonique totale plus bruit, 104 dB de rapport signal sur bruit, jusqu’à 105 dB de dynamique et 89 dB de séparation des canaux.

Côté sensibilité, SMSL annonce 700 mV pour une impédance d’entrée de 22 kilohms, des valeurs classiques qui rendent l’appareil compatible avec la quasi-totalité des convertisseurs et préamplis du marché, y compris les sources à niveau de sortie modeste.

Deux modes de fonctionnement commutables

En configuration stéréo, le RAW-MHA1 délivre 160 W par canal sous 4 ohms et 85 W par canal sous 8 ohms. En basculant en mode BTL, l’appareil devient un bloc mono et grimpe à 345 W sous 8 ohms, ou 200 W sous 4 ohms. Deux exemplaires en mono permettent donc de construire une paire de blocs, ou d’alimenter un caisson passif de fort diamètre.

Entrées symétriques et asymétriques

La façade arrière accueille des entrées XLR symétriques et des entrées RCA, commutables depuis la face avant. La présence de XLR à ce niveau de prix n’est pas anodine : elle autorise des liaisons longues sans dégradation et s’accorde avec les convertisseurs de bureau qui proposent une sortie symétrique, souvent supérieure de 6 dB en niveau.

Panneau arrière de l'amplificateur SMSL RAW-MHA1 avec quatre prises RCA sérigraphiées LINE IN et SW OUT, sélecteur BTL ou STEREO, deux entrées XLR symétriques R et L, borniers haut-parleurs dorés marqués BTL et prise secteur IEC 100V-240V

La connectique arrière du SMSL RAW-MHA1 révèle ce que les fiches techniques ne disent pas : la sortie caisson SW OUT est bien une paire de RCA stéréo, le passage en mode pont se fait par un sélecteur BTL ou STEREO situé à l’arrière, et les borniers dorés portent une sérigraphie BTL qui indique les bornes à utiliser en configuration mono.

La sortie caisson de basses, l’argument qui change tout

Le vrai différenciateur du RAW-MHA1 ne se trouve pas dans ses watts, mais dans un détail de connectique : une sortie ligne dédiée au caisson de basses, équipée d’un circuit de filtrage passe-bas intégré. Autrement dit, l’appareil sait extraire lui-même la partie grave du signal et l’envoyer vers un caisson actif, sans passer par un filtre actif externe ni par un processeur.

💡 Pour comprendre : le filtre passe-bas et le système 2.1

Dans un système 2.1, deux enceintes principales se chargent du médium et de l’aigu pendant qu’un caisson prend en charge le grave. Encore faut-il décider où l’un s’arrête et où l’autre commence : c’est le rôle du filtre. Un filtre passe-bas ne laisse passer que les fréquences situées sous un seuil donné, typiquement entre 60 et 120 Hz, et coupe tout le reste. Sans filtre intégré, il faut soit compter sur celui du caisson, soit ajouter un boîtier dédié. En embarquant ce circuit, le RAW-MHA1 supprime une boîte, un jeu de câbles et une source de bruit dans la chaîne.

Une fréquence de coupure que SMSL ne communique pas

Un point mérite d’être relevé honnêtement : ni la communication de lancement ni les fiches des revendeurs ne précisent la fréquence de coupure de ce filtre, ni s’il est réglable ou figé. Pour un usage bureau associé à un caisson actif disposant lui-même de son propre réglage, la question reste secondaire. Pour une installation plus sérieuse, c’est une information que l’on aimerait voir figurer noir sur blanc. Nous mettrons cet article à jour dès que la documentation technique complète sera publiée.

Tarif, disponibilité et arrivée en Europe

Le RAW-MHA1 est sorti le 4 septembre 2026 et se négocie 199,99 dollars, soit environ 174 euros hors taxes au cours actuel. En pratique, une fois la TVA française et les frais d’importation appliqués, la fourchette réaliste chez les revendeurs européens spécialisés devrait se situer entre 200 et 230 euros TTC, à l’image de ce que l’on observe sur le reste de la gamme RAW.

À l’heure où ces lignes sont écrites, l’appareil n’est pas encore référencé sur Amazon France. Il circule via les revendeurs asiatiques spécialisés et commence à apparaître sur certaines places de marché européennes, avec des ruptures de stock fréquentes qui laissent penser que les premiers lots ont été absorbés rapidement. Les acheteurs français devront donc patienter quelques semaines, ou accepter les délais et les aléas douaniers d’une commande hors Union européenne.

Face à la concurrence des blocs TPA3255

Sur ce segment, le RAW-MHA1 arrive dans une zone déjà très disputée. Le Fosi Audio V3 et sa déclinaison V3 Mono, l’Aiyima A07 Max ou encore le Topping PA5 II Plus occupent tous la tranche des 100 à 250 euros, la plupart bâtis autour de la puce TPA3255 de Texas Instruments. Nous avions d’ailleurs mesuré ce que ce type d’architecture avait dans le ventre dans notre dossier consacré aux amplificateurs TPA3255 de bureau.

Le choix d’Infineon plutôt que Texas Instruments est le premier vrai marqueur de différenciation du RAW-MHA1. Le second, plus concret encore pour l’utilisateur, tient à la sortie caisson filtrée : aucun de ses concurrents directs dans cette tranche de prix ne propose simultanément entrées XLR, mode pont commutable et filtre passe-bas intégré.

Pour comparer les architectures disponibles immédiatement en France, vous pouvez parcourir notre sélection d’amplificateurs classe D TPA3255 sur Amazon, qui couvre l’ensemble des positionnements tarifaires du segment. Et si c’est la partie grave qui vous intéresse, il peut être utile d’explorer les caissons de basses actifs hi-fi compatibles avec une sortie ligne filtrée avant de valider votre configuration. La logique reste la même que celle décrite à propos d’un convertisseur SMSL bien né : dans une chaîne de bureau, c’est la cohérence de l’ensemble qui décide du résultat, pas la fiche technique d’un seul maillon.

Un signal envoyé au marché du bloc de puissance compact

En descendant sous la barre des 200 euros avec des entrées symétriques, un mode pont et une gestion du grave intégrée, SMSL comprime encore un peu plus un marché où les marques occidentales ont déserté depuis longtemps. La vraie question sera celle de la mesure indépendante : les 0,004 % de THD+N annoncés demandent confirmation en conditions réelles, particulièrement en mode pont où les contraintes sur l’alimentation sont bien plus sévères.

On notera d’ailleurs une curiosité qui en dit long : en mode BTL, le RAW-MHA1 délivre davantage sous 8 ohms (345 W) que sous 4 ohms (200 W). C’est le signe que l’alimentation atteint sa limite de courant avant que l’étage de puissance n’atteigne la sienne. Rien d’anormal sur un appareil de ce gabarit, mais une donnée à garder en tête si vous visez des enceintes de faible impédance. Si vous hésitez sur la configuration à retenir pour votre propre installation, entre stéréo simple, paire de blocs mono ou 2.1 filtré, sinon je suis là, posez la question en commentaire et nous regarderons ensemble ce qui tient debout.

Pour suivre les mises à jour de la gamme et la publication de la documentation technique complète, rendez-vous sur le site SMSL.

FAQ – SMSL RAW-MHA1

Quelle est la puissance réelle du SMSL RAW-MHA1 ?

En mode stéréo, le RAW-MHA1 délivre 160 W par canal sous 4 ohms et 85 W par canal sous 8 ohms. En mode pont BTL, il devient monophonique et monte à 345 W sous 8 ohms, ou 200 W sous 4 ohms. Le chiffre de 345 W mis en avant dans la communication correspond donc à une configuration mono, pas à une puissance par canal en stéréo. C’est une nuance importante à garder en tête au moment de comparer avec d’autres blocs.


Qu’est-ce que le mode BTL et à quoi sert-il concrètement ?

BTL signifie Bridge Tied Load, autrement dit pont de charge. Les deux canaux de l’amplificateur travaillent ensemble sur une seule enceinte, en opposition de phase, ce qui double la tension appliquée à la charge. Le résultat est un gain de puissance important, au prix de la stéréo puisque l’appareil ne pilote plus qu’un seul haut-parleur. On utilise ce mode soit pour alimenter un caisson passif exigeant, soit pour construire une paire de blocs mono avec deux appareils identiques.


Le RAW-MHA1 intègre-t-il un convertisseur numérique analogique ?

Non, et c’est un point à vérifier avant de commander. Le RAW-MHA1 est un bloc de puissance pur : il n’accepte que des signaux analogiques, via ses entrées XLR symétriques ou RCA. Il faut donc lui associer une source analogique ou un convertisseur externe. Si vous cherchez un appareil unique intégrant conversion, ampli casque et étage haut-parleurs, c’est vers d’autres références de la gamme RAW qu’il faut se tourner.


Peut-on brancher un caisson de basses directement sur le RAW-MHA1 ?

Oui, via la sortie ligne dédiée qui embarque un circuit de filtrage passe-bas. Cette sortie envoie uniquement la partie grave du signal vers un caisson amplifié, sans nécessiter de filtre actif externe ni de processeur. Attention cependant : il s’agit d’une sortie ligne, elle s’adresse donc à un caisson actif disposant de sa propre amplification, pas à un caisson passif. SMSL ne communique pas la fréquence de coupure exacte de ce filtre.


Quelles enceintes associer au SMSL RAW-MHA1 ?

Avec 85 W par canal sous 8 ohms et 160 W sous 4 ohms, l’appareil a de la marge pour la quasi-totalité des enceintes de bibliothèque du marché, y compris les modèles à faible rendement réputés difficiles à mener. Pour des colonnes de grande sensibilité dans une pièce de volume modeste, la puissance disponible est largement suffisante. En revanche, sur des charges très basses en impédance et exigeantes en courant, la limitation vient de l’alimentation plutôt que de l’étage de sortie.


Le SMSL RAW-MHA1 est-il disponible en France ?

À la date de publication de cet article, l’appareil n’est pas référencé sur Amazon France. Il se trouve chez les revendeurs asiatiques spécialisés et commence à apparaître chez quelques distributeurs européens, avec des ruptures fréquentes. Une commande hors Union européenne implique des délais de livraison plus longs et d’éventuels frais de dédouanement à prévoir en sus du prix affiché.


Combien coûte le RAW-MHA1 en euros ?

Le tarif annoncé est de 199,99 dollars, soit environ 174 euros hors taxes au cours actuel. Une fois la TVA française et les éventuels frais d’importation appliqués, la fourchette réaliste se situe entre 200 et 230 euros TTC chez un revendeur européen. Ce positionnement le place au contact direct des blocs TPA3255 les mieux équipés, tout en offrant une connectique plus complète que la plupart d’entre eux.


Quelles sont les dimensions et le poids du SMSL RAW-MHA1 ?

Le boîtier mesure 182 mm de large, 46 mm de haut et 187 mm de profondeur, pour un poids de 1,32 kg. Ce format très compact tient sur un coin de bureau ou dans une étagère standard, et son châssis en aluminium usiné CNC assure à la fois la rigidité et l’évacuation thermique. Le rendement supérieur à 90 % de l’architecture numérique explique qu’aucun radiateur externe ne soit nécessaire malgré la puissance annoncée.

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Thierry

Salut, c'est Thierry.

Depuis 2019, je teste indépendamment des centaines de DAC et amplis.

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Passionné d'audio depuis toujours, je teste des DAC, baladeurs et casques avec une obsession : séparer ce qui s'entend vraiment du discours marketing.

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